Les personnages célèbres à Compiègne

Arpentez les rues et découvrez le destin atypique de Compiégnois d’origine ou de coeur qui ont façonné l’histoire de la ville...


- Émile Zola :

Le célèbre auteur des Rougon-Macquart ne s’est jamais rendu à Compiègne, pourtant, il évoque la ville à travers les « Séries de Compiègne » ,les fameuses fêtes impériales organisées par Napoléon III. On en retrouve une description dans Son Excellence Eugène Rougon, le sixième volume de la saga familiale. Zola s’inspire des Confidences d’un Valet de Chambre, publié par Paul Dhormoys en 1866 et recueille également le témoignage d’un invité des fameuses Séries : Gustave Flaubert, pour établir une parfaite description de ses fêtes automnales. Selon Eric Georgin : « ces articles se veulent légers et tournent souvent au pamphlet contre le régime de Napoléon III. Zola dénonce à travers des récits précis et vivants que « les Séries de Compiègne sont une ridicule résurrection de la vie de cour dans une époque où triomphe la démocratie et le progrès ».

-  Pierre d’Ailly : Né à Compiègne en 1351, au sein d’une famille bourgeoise, il fût attaché à la paroisse Saint-Antoine et contribua au développement de l’église. Docteur en théologie, il enseigna au collège de Navarre. Devenu Évêque à Le Puy en 1395 ou encore Cambrai en 1396, il restera fidèle au Pape d’Avignon puis il se rallia au Pape de Rome grâce auquel il recevra la coiffe de Cardinal. Son rôle fut essentiel lors du Concile de Constance en 1414-1418 qui réunifia la papauté. S’étant opposé au parti bourguignon, il se réfugia à Avignon où il mourut en 1420. Il laissa de nombreux manuscrits, des sermons, des traités politiques. Ses ouvrages astrologiques lui firent une réputation de prophète de la Révolution à cause de ses prévisions notamment concernant des « hérésies en 1789 ». Le célèbre "Imago Mundi" est un condensé des connaissances géographiques de l’époque. Ce manuscrit, conservé à Séville, sera d’ailleurs annoté par Christophe Colomb : "Rejoindre l’Est par l’Ouest" . Il se lança ainsi vers les Indes, en partie grâce à un Compiégnois, et découvrit le Nouveau Monde.

- Jeanne d’Arc :

Jeanne d’Arc voit le jour à Dom Rémy le 6 janvier 1412. La pucelle affirme entendre la voix de Dieu qui la charge d’une mission… C’est ainsi que son périple commence, vêtue d’habits d’homme, elle quitte Vaucouleurs pour rallier la Cour du Dauphin Charles résidant à Chinon. Elle rejoint l’armée royale qui se rassemble à Blois, en avril 1429, pour partir en direction d’Orléans, verrou stratégique pris d’assaut par les anglais un an auparavant. Une trêve sera signée dès le sacre du roi à Reims. Quelques cités proches de l’est parisien reconnaissent l’autorité royale, dont la ville de Compiègne. Or, une coalition anglo-bourguignonne s’y fait de plus en plus pressante. Jeanne décide de s’y rendre contre le gré du roi, à la tête d’une armée de mercenaire. Après avoir séjournée huit jours à « l’hôtel du boeuf », rue de Paris. Elle sera faite prisonnière, encerclée par les Anglais et les Bourguignons, fort joyeux d’avoir capturé un si grand nom aux oeuvres miraculeuses… Elle sera ensuite réclamée par l’abbé Cauchon pour procès d’hérésie… Sous escorte, elle transitera par Arras, Le Crotoy et Saint-Valéry-sur-Somme avant de rejoindre Rouen enfermée dans la fameuse Tour Jeanne d’Arc pour y être jugée… Le procès s’ouvre en 1431, elle abjure par peur du feu, mais est déclarée relapse dès lors qu’elle reprend l’habit d’homme. Le 30 mai 1431, Jeanne est conduite place du Vieux Marché à Rouen, son dernier mot sera « Jésus ». Ses cendres seront dispersées pour ne pas qu’elles servent de relique et la légende veut que son coeur n’ait pas brûlé preuve de Sainteté. Compiègne fait partie des villes Johanniques qui continuent de célébrer la pucelle chaque année.

- Georges Guynemer :
Né le 24 décembre 1894 à Paris, Georges Guynemer développe très tôt un goût prononcé pour les études auxquelles il ne peut s’adonner pleinement en raison de sa santé défaillante. Il parvient à s’engager dans l’aviation et obtient son brevet de pilote grâce à l’aide de son père, un ancien du ciel. Le 8 juin 1915, il rejoint, en tant que Caporal pilote l’escadrille "M.S.3 Capitaine Brocard", la future escadrille des Cigognes. Après deux mois, il s’avère être un jeune prodige réalisant des prouesses techniques remarquables. A la veille de ses vingt et un ans, Georges Guynemer est promu Chevalier de la Légion d’Honneur. Il participe ensuite avec l’élite de la chasse française à quelques grandes batailles de la Première Guerre mondiale dans lesquelles il ne sort jamais indemne, faisant preuve d’un courage exemplaire. En 1916, il reçoit le titre d’As des As. Le 11 juin 1917, il n’a pas 23 ans, Guynemer est nommé Capitaine et reçoit la Croix d’Officier de la Légion d’Honneur. Quelques mois plus tard, le 11 septembre 1917, il s’envole à bord de son « vieux Charles », un spad XIII, pour une simple mission de reconnaissance. Assailli par une formation allemande, il sera abattu dans des circonstances jamais vraiment élucidées. La presse de Compiègne signale au public son nom, ses exploits et participe alors à la reconnaissance du jeune héros. En effet, l’anonymat souhaité, de la part du Grand Quartier général, n’est désormais plus de rigueur. Les aviateurs occupent alors une place privilégiée dans de nombreuses revues et publications, Guynemer y sera énormément représenté. A l’entrée de la rue Saint-Lazare, au pied des Grandes Écuries, l’œuvre de Henri de Navarre représente le célèbre aviateur. Celui-ci vécut à Compiègne, près du Carrefour Napoléon dans une demeure où il aimait se réfugier et apporter de nouvelles améliorations pour les avions de combat. "Le Commandant de L’escadrille des Cigognes Georges Guynemer, héros légendaire, tombé en plein ciel de gloire, restera le plus pur symbole de sa race". Cette citation sera lue sur les terrains d’aviation à chaque anniversaire de sa mort, le 11 septembre. Sa devise ’ Faire Face " contient des valeurs morales telles que ténacité, goût du risque, esprit d’initiative, et, est donc devenue celle de l’École de l’air.

- Coco Chanel : « Gabrielle Chanel, née le 19 Août 1883, à Saumur, sans profession » succède immédiatement à la réputation d’Etienne Balzan qui affiche alors un goût prononcé pour les chevaux et les femmes. C’est grâce à ce « célèbre propriétaire, entraîneur, jockey, « gentleman » que la future « Mademoiselle » fera vivre quelques tisserands et brodeurs de Picardie grâce à sa créativité quelque peu originale. Etienne Balzan acquiert en 1904 une vaste propriété à Compiègne dans le quartier de Royallieu, l’actuel Parc de Bayser. Ce choix correspond alors à des commodités purement hippiques : d’une part pour la proximité du champs de course de Chantilly et d’autre part pour sa vocation équestre affirmée… Or, les amants, aux relations ambiguës, ne seront jamais domiciliés à Compiègne. Cette somptueuse propriété ne sera que le prétexte de fêtes.

- Albert Robida :

Albert Robida naît le 14 mai 1848, rue des Boucheries. Albert est de type nordique, long, maigre et roux, il est myope et maladroit, sa réussite à l’école est modeste. Mais sa belle écriture le fait engager chez maître Rouart, notaire. Il y occupe différentes fonctions de 1862 à 1865. Il profite des cours de dessin gratuits et fait honneur à son maître, Félix Deligny, en remportant le premier prix de dessin en 1866. Alliant une imagination débordante, un amour du pittoresque et une critique de l’histoire contemporaine, Albert Robida déploie une technique propre qui se veut être rapide et expressive. Il voyage en Europe et croque châteaux, vieux bourgs et, cités médiévales. Il doit cette prédilection pour le Moyen-âge au grand restaurateur architecte, Viollet-le-Duc. Toujours attaché à Compiègne, sa ville natale, dans laquelle il reviendra régulièrement, Robida déclarait à Ferdinand Bac en lui montrant la façade de l’Hôtel de Ville : "Voilà le berceau de ma carrière ! C’est ce décor qui est à l’origine de tout ! Je me suis senti tellement uni à lui que je ne pouvais plus m’en séparer... ‘ Le musée Antoine Vivenel doit à la générosité de la famille d’Albert Robida de conserver un grand nombre d’oeuvres de l’artiste. Il décède à Neuilly, le 11 octobre 1926 ne supportant pas la perte de deux fils durant les guerres.

- Ferdinand Bac : Ferdinand Bac naît à Stuttgart le 15 août 1859. Doué pour le dessin, il s’amuse dès lors à fixer sur le papier les traits saillants de personnalités. Son amour pour la France, dépréciée par ses amis allemands, alimente des querelles avec ses professeurs. Mme Bach se résout alors à envoyer son fils poursuivre ses études à Paris. Ferdinand découvre la société intellectuelle de l’époque. Il rencontre Victor Hugo, Villiers de l’Isle Adam ... Albert Robida, directeur de La Caricature, reconnaît alors le talent de ce jeune artiste et l’engage. Son succès grandissant lui permet d’illustrer des nouvelles de Maupassant, et d’exécuter les décors d’un ballet des Folies-Bergère. En 1908, malade, il doit quitter Paris pour Versailles. Il y rencontre Marcel Proust, Cocteau, Gabrielle d’Annunzio et Anna de Noailles. Les prescriptions du médecin obligent Ferdinand Bac à passer ses hivers dans le midi de la France. F. Bac se lance dans une nouvelle carrière, celle de créateur de jardins. A 60 ans, Ferdinand emménage dans un superbe hôtel particulier de Compiègne appartenant à un vieil ami à lui, Emile Ladan-Bockairy. La propriété étant séparée en deux par les remparts de la vieille ville, F. Bac en profite pour réaliser deux jardins de style différent, qui se complètent visuellement par de jolies perspectives. Le 17 novembre 1952, quatre jours après le décès d’Emile Ladan-Bockairy, Ferdinand Bac s’éteint à l’âge de 93 ans.

- Antoine Vivenel :
« O Compiègne, ma ville de naissance, … j’ai pensé que réanimer chez toi le culte du beau et d’essayer d’y propager la connaissance, l’amour, l’étude des monuments, ces grands instituteurs des siècles, ce serait faire quelque bien… » Antoine Vivenel, entrepreneur architecte dans le bâtiment fît fortune à Paris sous le règne de Louis Philippe. Son amour pour l’art et son souhait d’acquérir une collection résumant « tous les arts, dans tous les temps et chez tous les peuples » causera sa ruine. Dès 1839 , il offre généreusement son patrimoine, ses œuvres, ses collections à sa ville natale dans laquelle il souhaite développer une institution modèle.

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